La reconnaissance (1/3)

J’avais dans mes cartons deux ou trois thèmes plutôt que je réservais pour notre rendez-vous habituel, et puis au moment de choisir et de me mettre au travail, voilà qu’un autre thème s’impose à moi. J’ai tout simplement envie de vous parler de la reconnaissance. Alors, comme c’est samedi et que je ne désire pas me faire violence, je vais écouter ma petite voix intérieure. Evidemment, l’écueil du moralisme est toujours proche lorsqu’il s’agit de traiter des hautes questions morales et la reconnaissance en est une ; je vais essayer de ne pas être pontifiant.

Les élans du cœur semblent parfois
plombés par des réflexes de défense


  On parle sans tarir lorsqu’il s’agit de problèmes, de tracas, de difficultés de vie ou de crises, mais on a tendance à passer sous silence les réactions amicales, les services rendus, les gestes de sympathie, les petits soutiens, les encouragements, bref, ce que j’appelle souvent « Les choses douces ».  Chez nous, les gestes de gratitude, les paroles de reconnaissance, les élans du cœur semblent plombés par des réflexes de défense que nous déployons souvent à notre insu, emprisonnés que nous sommes dans notre orgueil et notre négativité coutumière.
  Pourtant, les recherches en psychologie montrent à l’évidence combien elles sont importantes, non seulement pour notre équilibre psychique mais aussi pour notre santé physique. Les japonais en ont même fait une méthode, ils l’appellent « Naikan ».  Cette méthode vise, par un travail sur la reconnaissance, à aider les gens à se réaliser dans la vie quotidienne en approfondissant leur connaissance d’eux-mêmes et en remédiant à leurs troubles psychiques et physiques. Mais n’est-ce pas un peu inquiétant de penser qu’il faille aujourd’hui recourir à une méthode psy pour intégrer un sentiment qui devrait ressortir de la normalité la plus élémentaire ?