Pour qui tu te prends ? (1/3)
Il y a la théorie
et il y a la pratique. D'un côté, les médias
qui vous assènent à longueur d'années la
nécessité d'être battant(e), de vous affirmer,
de prendre votre place, qui vous affichent en première
de couverture des Bernard Tapie, des Zizou et autres Gérard
Depardieu pour les hommes, des Patricia Kaas, des Sophie Marceau
ou des Martine Aubry pour les femmes. D'un autre côté
(le nôtre en général), il y a le cruel constat
de la difficulté à se mettre en avant, à
se faire valoir, bref, à prendre toute sa place. Mais comment
prendre sa place quand on ne sait pas très bien où
elle est ?
La plupart du temps, on va essayer de voir comment font les autres.
Et là réside la première erreur. Car en fait,
on ne va pas voir comment ils font mais on va se comparer. En
effet, qu'on le veuille ou non, le premier réflexe n'est
pas de regarder mais de se comparer. Le second réflexe
- et en même temps la deuxième erreur - c'est de
tomber immédiatement dans l'excès des comparaisons.
Car en même temps qu'on veut se comparer, on veut se défendre.
Nous allons donc prendre en exemple des personnes autour de nous,
qui certes affichent une assurance de soi à toute épreuve,
mais dont nous détestons intimement l'orgueil et l'exagération
outrancière de comportements (Comment peut-on s'afficher
ainsi ? Comment peut-on étaler avec autant de morgue son
savoir ? Traduisez : Comment peut-on être aussi puant d'orgueil
?).
Quelque chose d'un peu "sexuel"
Oui, la personne démonstrative, extravertie,
exubérante gêne. Elle gêne car il y a quelque
chose d'un peu viril, si vous voulez, d'un peu "sexuel"
dans son comportement. D'un point de vue psychanalytique, cela
s'explique par le fait que s'affirmer, c'est revendiquer le pouvoir
de soi, en d'autres termes, le phallus. C'est probablement pourquoi
si notre société, jusqu'à présent,
a pu tolérer l'affirmation de soi chez l'homme, elle a
eu très souvent tendance à la condamner ou à
la réprimer chez la femme.
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