Tous nos murs sont dans nos têtes
Tous nos murs sont dans nos têtes ? Voilà
bien une idée de psy.
Qu’est-ce à dire ?
Que les murs ne sont pas toujours là où nous croyons
et que les plus visibles et les plus hauts ne sont pas forcément
les plus infranchissables, ni les plus douloureux. Un mur tout
seul n’est rien. Il ne prend sa dimension que dans son pluriel.
Nous habillons nos murs comme nous les habitons, mais de quoi
sont-ils faits ? Murs de notre enfance, murs de nos souvenirs.
Historicité des pierres : ma maison, mon quartier, ma ville.
Murs intérieurs aussi. Murs de nos résistances les
plus tenaces, murs de nos blessures, de nos deuils jamais vraiment
faits.
Murs aussi de notre liberté toujours espérée
et si rarement trouvée.
Oui, tous nos murs sont décidément dans nos têtes.
C’est sur ce chemin longé de hautes murailles mais
ouvrant aussi sur des portes hospitalières que je vous
convierai dans cette conférence.
Patrick Estrade
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